Éloge des MultipleS

Ω   ELOGE des MULTIPLES  Ω

Jésus-Christ prit la peine “d’inventer les multiples” avec la multiplication des pains, en partant d’une série de 7 originaux, il en fit 4000 pour les siens (Évangile de saint Matthieu chapitre 15, versets 32 à 38).
C’est donc que les multiples avaient un grand sens, dans la vérité de la vie de l’homme. Que Dieu me pardonne ce blasphème, pour venir supporter ma démonstration.
Il y eut aussi les Néandertaliens, utilisant leurs mains, dans les peintures rupestres, comme unique sujet, et unique outil. Ils copièrent à foison, pour voir et revoir en multiples cette obsession artistique primaire.  
Depuis la nuit des temps, ceux qui créent, que ce soit des dessins, des photos, peintures ou sculptures, se voient dicter par leurs désirs et leurs curiosités créatives “La loi des séries”.  
Les multiples ne s’opposent pas à la typicité. Ce sont deux univers siamois, ou 1 devient 20,50 ou 100.

Toujours à l’origine de la volonté des artistes, surtout depuis l’Art Moderne, beaucoup se sont appliqués à contourner l’unicité, l’original. Des méthodes et techniques de créations artistiques, pour lesquelles ils se passionnèrent, se sont développées. Artistes et artisans (mouleurs/imprimeurs/éditeurs) ont découvert et appris, la gravure, la sérigraphie, le bronze, la résine, la céramique, les moules, pour les plus classiques, et se sont lancés dans l’aventure multiplicative (on pouvait dorénavant utiliser le terme de copie certifiée). Certaines méthodes de créations de multiples sont millénaires, d’autres centenaires, et d’autres en développement (réalité virtuelle). L’offset à l’impression 3D ou NFT (qui aussi peuvent êtres utilisés à contrario, pour la création unique) continuent simultanément à être pratiqués.
L’ère de l’exposition de l’unique fut combattue violemment dans les années 60, niée, avec l’heure de gloire de la Performance, imaginée en réaction à   “l’hyper starisation” des œuvres. Le temps d’exécuter et d’exister, et aussitôt disparue ! Le gouffre était creusé et comblé, UN puis PLUS RIEN ou PLUSIEURS ! Les Multiples ont vécu leur propre révolution.

Si l’on considère la dichotomie volontairement construite par le “marché de l’art”, ce dernier a pratiqué des stratégies spéculatives de l’œuvre unique contre les séries. Les distorsions furent renforcées par la naissance du Pop Art et du Street Art qui institutionnalisait les multiples. Des intermédiaires troubles, ont permis pour de très mauvaises raisons, de créer une macro-économie “rentable” en offrant aucune garantie, qui marginalise encore le marché des multiples.

L’achat et la vente de multiples imposent le sérieux et la rigueur, en respectant strictement l’origine de la série et des œuvres, de sa “parenté ou filiation” de l’éditeur, Imprimeur ou ateliers, ainsi que le circuit de diffusion/vente. Les informations doivent êtres claires et précises. Il faut aussi vérifier les certificats et certaines preuves de l’authenticité de la technique employée. Des outils nous aident comme les catalogues d’expositions, ou raisonnés, les marquages d’origine des artisans/collaborateurs ou les certifications.

De nombreuses séries originales sont de véritables “trésors” et sont plus recherchées que certaines créations uniques, séries toutes nées de la créativité de grands artistes, qui ont offert depuis une éternité, leurs lettres de noblesses aux MULTIPLES.